On aimerait bien parfois que certaines nations considèrent comme blasphème l’excision, la lapidation des femmes adultères, les mariages forcés, les décapitations publiques, l’esclavage.
On aimerait bien parfois que certaines grandes puissances considèrent comme blasphème l’utilisation de mines antipersonnelles ou la multiplication des prisons hors-la-loi.
On aimerait bien parfois que les citoyens de certains pays considèrent comme blasphème la confiscation du pouvoir public par des familles privées.
On aimerait bien parfois que les individus, mâles ou femelles, considèrent comme blasphème le fait de croire que son ethnie ou sa religion est meilleure que celle des autres.
On aimerait bien parfois que des croyants considèrent comme blasphème la non-possibilité pour certains de se revendiquer athée, de boire du vin, de s’enivrer de poésies ou de films licencieux.
On aimerait bien parfois que les sages de toutes sortes considèrent comme blasphème l’interdiction faite d’enseigner Darwin.
On aimerait bien parfois que les grands de ce monde considèrent comme blasphème le fait de donner des pavillons de complaisance à des bateaux-poubelles ou des autorisations de vol à des avions-cercueil.
On aimerait bien parfois que ceux qui prétendent ériger un monde meilleur considèrent comme blasphème le fait de piller les ressources de la planète, de polluer impunément.
On aimerait bien parfois que les représentants des diverses religions considèrent comme blasphème le fait de penser que l’on a compris Dieu, que l’on sait ce que veut Dieu, et même de décider à la place de Dieu ce qui est blasphème ou ce qui ne l’est pas.
De Bruno Testa - Le Billet du Journal de l'Ile de la Reunion
y'a plus rien à rajouter, tout est dit, et ça fait du bien de l'enttendre.



